Rouge
Le rouge est en Occident la première couleur que l’homme a maîtrisée, aussi bien en peinture qu’en teinture. C’est probablement pourquoi elle est longtemps restée la couleur « par excellence », la plus riche du point de vue matériel, social, artistique, onirique et symbolique.
Michel Pastoureau, Rouge. Histoire d’une couleur
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La couleur rouge n’est pas ici un sujet, mais un ressort. Elle n’est pas un simple fait chromatique, mais un fait social et symbolique : la première couleur que les sociétés ont su fabriquer, nommer, codifier. Le rouge est à la fois sang et feu, pouvoir et transgression, fête et interdit. Un même rouge, selon ce qu’il recouvre, autorise ou interdit.
Mais la couleur ne suffit pas à faire série. Elle en est le fil rouge, au sens propre ; la structure de l’image reste la véritable colonne vertébrale. La composition n’illustre pas la couleur : elle la met à l’épreuve, en lui assignant une fonction. Le rouge devient point d’ancrage, ligne de force ou rupture. Associée à un cadre contraint, elle suffit à faire de l’anodin un système de signes qu’il est difficile d’occulter une fois perçu.
Cette couleur, la plus ostentatoire, se rencontre ici dans des lieux déclassés ou provisoires. Rouillé, écaillé, passé, le rouge y perd sa fonction d’emblème sans cesser d’organiser le regard. Même défraichi, il garde son pouvoir : c’est d’abord lui que l’on remarque…














