Plages de la Mémoire par beau temps

Plages de la Mémoire par beau temps

Le 6 juin 1944, des forces canadiennes, britanniques et américaines, ainsi que des troupes des Forces françaises libres débarquent en Normandie pour la plus grande opération amphibie de tous les temps.

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Les plages, de Ouistreham à Saint-Martin-de-Varreville, vont devenir le théâtre d’un gigantesque champ de bataille, capital pour la réussite de l’opération en prélude à la Bataille de Normandie. Au soir du 6 juin, 156 000 soldats auront touché terre mais les Alliés déploreront la perte d’environ 12 000 hommes, morts, blessés ou disparus.

Quatre-vingts ans après le D-Day, Sword, Juno, Gold, Omaha et Utah sont encore chargées d’Histoire. Au fil du temps, le sable, la végétation, l’urbanisation, les aménagements balnéaires en ont recouvert les décombres. Seuls quelques blockhaus ou de rares vestiges émergeant des eaux au gré des marées rappellent l’enfer de la bataille tandis que musées et mobilier commémoratif participent au maintien d’une mémoire vivante en hommage à ceux qui sont tombés ce jour-là.

Dans un avenir plus ou moins proche, ce littoral familier continuera d’évoluer sous l’effet conjugué de l’érosion marine et du réchauffement climatique. La ligne de côte reculera par endroits, modifiant progressivement l’aspect des lieux et la perception que nous en avons aujourd’hui. Demain, fouler le sable des Plages du Débarquement ne procurera sans doute plus la même expérience : le rivage aura changé et certaines traces encore visibles aujourd’hui auront disparu.

 Au cours de mes différents séjours en Normandie, j’ai cherché à réunir dans mes images le ciel, la mer et l’étendue des plages, en les confrontant aux traces du passé, aux vestiges et aux signes de la mémoire. Il s’agissait de faire coexister la beauté paisible de ces lieux avec ce qu’ils portent encore de leur histoire, de faire affleurer, dans le présent, l’écho d’une mémoire que nous nous devons de préserver.

Cette pérégrination solitaire s’est déroulée sous une météo particulièrement clémente, bien éloignée des conditions du 6 juin 1944. Comme si, le temps d’une photographie, le soleil avait donné rendez-vous aux plages normandes pour témoigner d’une histoire désormais inscrite dans la mémoire collective, mais aussi d’une réconciliation et d’une paix retrouvées.