Highlands
Quand on prend la route des Highlands, on a déjà en tête les images de la lande écossaise, des lochs sous la lumière rasante, ou de Glen Coe qui a servi de décor à de nombreux films comme Skyfall, Harry Potter ou Braveheart. On s’imagine traverser des territoires que l’on croit vierges, alors qu’ils portent des siècles d’usages : déboisement, élevage, aménagements touristiques, ferroviaires et routiers.
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Le paysage conserve néanmoins un aspect sauvage, lié à la proximité de l’océan, à sa géographie et à sa latitude boréale. Le voyage, comme la photographie, reste soumis à une météo capricieuse, changeant d’heure en heure. Cette contrainte oblige à renoncer à l’approche imaginée au départ : il a fallu oublier les décors de carte postale, les points de vue célèbres, et traverser le pays au gré des éclaircies qui perçaient de temps à autre les nuages et le brouillard.
Ainsi, dans cette série, rien de spectaculaire ne subsiste. Les sommets sont coiffés de nuages, les vallées s’effacent dans le gris, les lochs se perdent dans la brume. Même l’Old Man of Storr, pinacle rocheux de l’île de Skye devant lequel des foules viennent se faire photographier, se dérobe et n’est plus qu’une silhouette émergeant à peine des nuées.
Ce que le brouillard laisse voir, c’est l’empreinte humaine. Ces traces ordinaires, que l’on ne remarquerait pas d’habitude, prennent ici la place des icônes. Dans ces conditions, le sublime n’est pas nié : il recule, tenu à distance par ce qui s’interpose. Le regard est détourné du spectaculaire vers le banal, de l’icône vers sa périphérie. Les verts saturés sont sans cesse tempérés par le gris-bleu des ciels bas et par une lumière diffuse. Reste une mélancolie douce, sans drame : celle d’un pays que l’on croit connaître et qui continue de se retirer dans ses nuages.














