Altiplano
La photographie de voyage consiste souvent à photographier ce que l’on attend, ce que l’on est venu voir.
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L’arrivée sur l’Altiplano bolivien, après 2 000 kilomètres parcourus sur les routes du Chili, coupe le souffle, au propre comme au figuré. Le bleu profond du ciel, l’ocre des sols et la dureté de la lumière renforcent les contrastes d’un paysage immense, presque désert.
Mais au-delà de ce panorama de carte postale, j’ai surtout regardé ce que l’on traverse sans le voir : des rails qui se croisent dans la poussière, un panneau planté au milieu de nulle part, des poteaux qui tiennent encore debout. Rien de spectaculaire en soi, et pourtant ces objets semblent posés dans l’immensité avec une précision singulière.
Le passage des habitants se lit dans ce qu’ils ont dressé, rafistolé ou laissé. Ce territoire n’est pas un décor vierge : il est aménagé avec peu de moyens, habité, parfois quitté.
C’est la beauté du lieu qui rend ces objets ordinaires étrangement graphiques, entre la grandeur du paysage et la fragilité de ce qui s’y dresse. « NO HAY PASO » : le voyage s’interrompt, et c’est là que l’image commence














